Sur les chemins vignerons du Ventoux et du Luberon.

Bonnieux toujours, mais au bas du village, à côté de l’ancienne gare, rencontre avec Serge Seignon sur la terrasse du resto de la Gare, pas originale l’enseigne, mais c’est l’assiette etl’ambiance qui comptent…
Château les Eydins Cuvée des Consuls 2006.
Serge Seignon : «C'est la seule cuvée dans laquelle j’ai des vignes qui remontent à mon arrière grand-père. De plus, elle est à dominante Grenache planté dans des safres, un sol des plus adéquat pour le cépage dans le sud qui se caractérise par un trio : puissance, finesse et fraîcheur, chose rare pour le Grenache.»
Rubis noir violacé, du fruit frais au nez, griotte ou bigarreau, une prunelle qui flirte avec le cassis, une bouche fraîche avec le fruit qui dégringole d’emblée, fruité charnu, juteux de cerise, croquant de mûre, acidulé de prunelle, baies enfilées sur le canevas serré des tanins, mailles fines parées d’épices, cannelle et réglisse, poivre et muscade, ourlé de minéral aérien qui s’effile en une longue traîne bigarrée. FA en barriques, élevage 12 mois, 70% Grenache, 20% Carignan, 10% Syrah.

© In Vino Veritas
 
Bio bien ficelé.

Bio bien ficelé.

Disciple de son voisin du Château de la Canorgue, Serge Seignon a l'allant de qui a trouvé son chemin. Tout juste 20 hectares d'un vignoble famillial sorti de la coopérative à l'occasion de son entrée en activité à lui, héritage de quatre générations. Tout en bio bien sûr, certifié depuis 2000, car le vigneron n'a pas peur d'afficher ses convictions.
En vins de pays comme en Côtes du Luberon, les flacons sont signés de la petite note fraiche et balsamique reflet de ce terroir du nord de l'appellation. Pêchu et net le viognier, gourmand et aimable le Côtes du Luberon rouge 2003. Sans se prendre la tête, Serge Seignon aligne des cuvées bien fichues, bien équilibrées et d'un bon rapport qualité-prix.

© Terre De Vin
 
Carton plein pour les Eydins

Carton plein pour les Eydins

Cinq vins de Serge Seignon plébiscités, tous en Côtes du Luberon, sur trois couleurs et par trois jurys différents, ça, c'est du score !
Allons-y pour le blan, cuvée l'Ouvière 2006 (15/20, 9,50€) au nez opulent de fleurs (acacia, glycine) et fruits blancs, à la bouche charnue et structurée.
Puis un joyeux rosé, le Petitou 2006 (13/20, 4,50€), tout en arômes primaires, cerise, framboise, mûre, à tester sur le crespeu (gâteau d'omelette).
Et le très beau trio des rouges : les Fontêtes (14,5/20, 5€), en souplesse, juteux et croquant, comme une salade de fruits rouges.
L'Ouvière rouge 2004 (16,5/20, 7€) au nez profond de sauvagine, eucalyptus et genièvre. Juteux en bouche, avec de la chair, de l'exubérance.
Enfin, la Cuvée des Consuls 2004 (18/20, 10,50€) : syrah, grenache et carignan, effluves de fève de cacao grillées, pâtes de mûre puis attaque généreuse, tanins de velours, saveurs de prune, le laurier, note balsamique, finale longue et fraiche de poivre blanc. Somptueux, tendu, séveux : la grande classe. Réservons lui quelques perdreaux.

© Terre De Vin